L’esprit de l’enfant doit partir du concret

En ce temps début de printemps 2017, voici les nouvelles de Bienheureux Charles de Foucauld. Pour aller plus loin télécharger le pdf en bas de cet article.

A propos de pédagogie

Loin du jargon des multiples réformes pédagogiques que nous impose depuis tant d’années un sinistre cortège de cuistres, rappelons quelques principes simples qui sont
au cœur de notre projet éducatif.

D’abord apprendre à bien lire, bien écrire et bien compter. Que peut lire celui qui n’a pas le bon alphabet ? Que peut maîtriser dans le monde actuel celui pour lequel les opérations les plus élémentaires sont source de difficultés ? Apprendre ensuite la grammaire qui est la
première partie de l’art de penser. Sa maîtrise est aussi indispensable à la compréhension d’un texte ou d’une parole que le sens de l’orientation l’est à celui qui veut arriver à bon port. Que peut maîtriser d’un raisonnement celui que l’on n’a pas habitué à utiliser les clés de l’analyse logique ? Apprendre à mémoriser le plus possible. Pour nourrir – presque malgré soi – la réflexion et l’imaginaire à l’école de nos prédécesseurs. Et comment mieux développer la mémoire qu’en acquérant très jeune ses mécanismes ?

Garder toujours le lien avec le concret !

L’homme se découvre quand il se mesure avec l’objet. Cette pédagogie du réel est la plus accessible. L’esprit de l’enfant doit partir du concret pour apprendre ensuite à s’élever, peu à peu, vers l’abstraction. Commencer par l’abstraction c’est mettre la charrue avant les bœufs et embrumer les esprits. Regardez comment le Christ a procédé : les paraboles ont toujours précédé l’enseignement doctrinal. Ne pensez-vous pas qu’il y ait là quelque leçon ?

Découvrir et faire aimer le beau. S’abreuver à la source des plus grands artistes, se familiariser avec les belles œuvres, est le moyen privilégié pour élever les âmes. « Suger prétendait qu’on ne pouvait comprendre la beauté absolue qui est Dieu que grâce à l’effet que produisent sur nos sens les choses belles et précieuses » (Kenneth Clarke in Civilisation).

Rechercher autant que possible l’unité dans le savoir : « Établir la relation entre les choses c’est apporter la connaissance, enseigner les détails, c’est apporter la confusion ». Nous partageons totalement cette affirmation de Maria Montessori.

Apprendre à conclure parce que l’intelligence est faite pour la vérité ! L’honneur de l’intelligence c’est de savoir conclure par un jugement aussi fondé que possible. Ce n’est pas, n’en déplaise à tous les philosophes du soupçon, de se complaire dans le
doute facile en soupesant élégamment des opinions ! « Déchues ou impures sont les âmes qui ont pour aliment l’opinion plutôt que la vérité » nous avertissait déjà Platon (Le Phédon).

Plus près de nous Chesterton a merveilleusement résumé ce travers moderne qui
exalte le moi et relativise toute vérité : « Ce dont nous souffrons aujourd’hui c’est que l’humilité soit mal orientée. Un homme était censé douter de lui-même mais ne pas douter de la vérité ; c’est exactement l’inverse qui s’est produit » (Orthodoxie).

Enfin, par-dessus tout, l’amour des enfants qui, fécondant tous ces principes sous la
lumière de la Foi au Christ, s’incarne au quotidien par un subtil et fragile équilibre entre
bienveillance et exigence, patience infinie et autorité encourageante.

Les fruits prometteurs de notre pédagogie

Voilà les fondements – non exhaustifs – de notre pédagogie dont nous savons les fruits
prometteurs. Nourri par cette longue maturation spirituelle, intellectuelle et artistique,
le petit d’homme saura, un jour découvrir émerveillé avec Homère « l’aurore aux doigts de rose », s’émouvoir de la prière du vieux Priam aux pieds d’Achille vainqueur, goûter au charme mystérieux du sourire de l’ange de Reims et vibrer de toute son âme à l’évocation des enfants bergers, des Geneviève de Paris, Jeanne de Lorraine, Vincent de Gascogne qui ont illuminé l’histoire de France… Plus tard, devenu adulte, il sera en mesure d’exercer au mieux sa liberté pour, à son tour, apporter sa pierre à l’édification de la cité des hommes.

En écrivant cela j’entends déjà les esprits forts se gausser de cette vision qu’ils qualifieront dédaigneusement d’archaïque. Archaïque, disent-ils ? Mais savent-ils simplement qu’arché
en grec c’est ce qui fonde et qui gouverne, le principe des choses ? Alors va pour «archaïque» !

Je ne veux pas conclure sans faire écho à l’un des principes évoqués ci-dessus : toujours garder le lien avec le concret ! Et le concret aujourd’hui pour nous, c’est très, très concret ! Il s’agit de réunir les sommes importantes nécessaires pour aménager le bâtiment existant et en construire un nouveau (voir la dernière page du pdf ci-dessous).

Oui, nous avons vraiment un très grand besoin de votre aide ! L’enjeu est simple : nous accueillons aujourd’hui un peu plus de 70 élèves, nous en attendons plus de 200 d’ici trois ans… De grâce aidez-nous à être « archaïque » !

Hubert de Saizieu
Président de l’Association

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